Accueil Actus & Agenda Actualités UNE RÉFORME QUI PORTE SES FRUITS Une série d'améliorations aide l'Égypte à faire face à la crise de la finance.

UNE RÉFORME QUI PORTE SES FRUITS Une série d'améliorations aide l'Égypte à faire face à la crise de la finance.

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04/2010

Un programme de réformes du secteur financier mené en Égypte a permis de dynamiser la participation du secteur privé dans les activités bancaires, de diversifier les instruments financiers et les infrastructures du marché et de doubler la valeur nette de l'investissement bancaire institutionnel. Avec l'aide et le soutien de la Banque mondiale et d'autres donateurs, l'Égypte (a) parvient à maintenir une croissance économique durable et à combattre les inégalités économiques, sociales et géographiques malgré une période de vulnérabilité due à la crise financière mondiale.


Défi à relever
Le secteur financier égyptien souffrait de faibles niveaux de concurrence, de coûts d'intermédiation relativement élevés, d'une innovation limitée et d'une présence trop importante de l'État. Le système bancaire était handicapé par l'importance de prêts non performants, alors que le segment non-bancaire se caractérisait par un sous-développement des marchés des obligations, de l'assurance et du marché hypothécaire, un faible volume d'échanges boursiers, une gouvernance d'entreprise peu performante et une faible infrastructure des systèmes de paiement. Les quatre plus grandes banques commerciales, ainsi que trois banques spécialisées étaient entièrement possédées par l'État. Leur efficacité et leurs performances étaient mauvaises. Ces dernières souffraient d'une sous-capitalisation et d'un personnel en surnombre. La qualité de leurs actifs et leurs marges de profit étaient faibles, leurs coûts de fonctionnement élevés, leurs systèmes de gestion des risques inadaptés et leur capacité à innover et à se moderniser peu importante. Cette faiblesse déteignait sur les marchés financiers et sur l'efficacité de l'allocation des ressources.

Démarche
Depuis 2004, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) soutient la réforme du secteur financier égyptien, à travers l'octroi de deux prêts successifs à l'appui des politiques de développement d'un montant de 500 millions de dollars chacun, complétés par le Projet de financement du secteur égyptien des prêts hypothécaires (d'un montant de 37,5 millions de dollars) et le prêt de politique de développement (PPD) en faveur du Programme de financement pour un secteur des prêts hypothécaires abordables destiné à l'Égypte (300 millions de dollars). Le Programme de réforme du secteur financier comprend une restructuration majeure des banques, des institutions financières non bancaires et des marchés, reposant sur un renforcement des cadres légaux, réglementaires et de supervision, ainsi que par une amélioration des infrastructures institutionnelles. Les principaux piliers du programme s'inspiraient largement des recommandations émises en 2002 dans le cadre du Programme d'évaluation du secteur financier (PESF), élaboré par le FMI et la Banque mondiale (a). Le Groupe de la Banque mondiale a joué un rôle majeur dans l'aide à la mise en place du programme en Égypte, à travers une série d'instruments, des travaux analytiques (comprenant plusieurs études successives du secteur financier) et une assistance technique. Le Programme de réforme du secteur financier mis en place par le gouvernement a été conçu pour améliorer la participation du secteur privé, pour favoriser la diversification des intermédiaires et des instruments, et pour améliorer l'environnement afin de renforcer la mobilisation des ressources, l'intermédiation financière et la gestion des risques. Le gouvernement maintient ces réformes afin de maintenir une croissance économique durable et de répondre aux inégalités économiques, sociales et géographiques, tout en augmentant l'efficacité de l'allocation des ressources sans rajouter de pression à un environnement déjà tendu.

Résultats
Le programme de réformes du secteur financier égyptien représente le mouvement le plus avancé, profond et complet dans le monde arabe en faveur d'un renforcement du secteur financier. Le secteur bancaire est passé d'un ensemble dominé par le contrôle étatique à un système géré par le secteur privé, plus fort et plus efficace. Pour la première fois dans l'histoire récente, le secteur bancaire est majoritairement contrôlé par le secteur privé et ouvert à la concurrence, comme le symbolisent la privatisation de la quatrième plus grande banque publique, Bank of Alexandria, et la cession de 94% des actions bancaires possédées par l'État à des banques à capital partagé. Le secteur bancaire a été consolidé et le nombre de banques est passé de 57 à 39.

Les réformes ont permis un renforcement important du bilan comptable des banques. 60% des prêts non performants d'entreprises publiques ont été soldés. Le poids net total du secteur bancaire a doublé pour passer de 35 milliards de LE (livres égyptiennes) en 2004 à 70 milliards de LE en 2008.

La capitalisation du marché des actions et les ratios de rotation ont progressé de manière significative au cours des dernières années. Par ailleurs, la base des investisseurs s'est développée de manière importante, la part de participation des investisseurs étrangers passant de 7% à 10% du PIB. Des progrès notables ont également été enregistrés dans la restructuration complète des assurances et autres institutions non bancaires possédées par l'État. Des améliorations majeures ont été accomplies dans le renforcement du cadre institutionnel et légal, ainsi que dans celui des infrastructures financières.

Ces réformes ont permis à l'Égypte de se positionner comme un pays résolument réformateur. L'Égypte occupait la troisième place du classement Doing Business Report 2010 des dix pays les plus réformateurs. Elle rejoint également l'indice Gemloc (a) (Fonds mondial obligataire en devises locales pour les marchés émergents). Ces signes sont autant d'indicateurs de performance solides et représentent un vote de confiance important de la part des investisseurs étrangers et locaux, comme des agences internationales de notation. Plus important, ces réformes continuent à aider l'Égypte à faire face à la crise mondiale.

Perspectives d'avenir
La Banque mondiale prépare actuellement un prêt de suivi à l'appui des politiques de développement destiné à soutenir les réformes de deuxième génération (qui comprennent la poursuite du renforcement du secteur bancaire intérieur et de la mise en place de l'architecture de ses organes de contrôle et de régulation). Les réformes de première génération soutenues par la Banque mondiale par le biais des Prêts de politique de développement  et II se sont davantage attachées à l'amélioration de la solidité et de la stabilité du secteur financier. Les réformes de deuxième génération soutenues aujourd'hui par le gouvernement seront davantage destinées à améliorer l'intermédiation financière et à en développer l'accès.

Source: Banque mondiale

 

 


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