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Dans le cadre de la réforme de la Justice, des sections spécialisées dans les affaires financières seront créées dans certains tribunaux pour statuer notamment dans les délits de corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir.
Cette mesure permettra d'activer le rôle de la justice dans la moralisation de la vie publique.
L'objectif est de pouvoir lutter efficacement contre les crimes financiers. La justice marocaine est épinglée pour sa grande lenteur en la matière. Les dossiers prennent, en effet, un long délai avant d'arriver à la phase du verdict final. Le ministre de la Justice Mohamed Naciri estime qu'après la suppression de la Cour spéciale de justice qui était une juridiction chargée de la répression des crimes de concussion, corruption, trafic d'influence et détournements commis par des fonctionnaires publics, les affaires ont été transférées aux différents tribunaux. Elles nécessitent, selon lui, un passage par le parquet général puis la police judiciaire. « Etant donné le nombre des affaires entre les mains de la police judiciaire, les dossiers ayant trait à la corruption financière restent entre les mains de cette instance plus de 6 ou 8 mois. »
Les juges d'instruction souffrent également d'un cumul des affaires. Ainsi, les dossiers qui leur sont soumis nécessitent également du temps pour leur traitement.
A présent, l'objectif est de pouvoir non seulement accélérer le rythme, mais aussi promouvoir la qualité de traitement des dossiers liés aux crimes financiers. Ces derniers nécessitent des connaissances spéciales et techniques pour que les magistrats puissent statuer. Le Maroc souffre d'un manque en la matière. C'est pour cette raison, que le ministère a décidé de mettre en place des pôles économiques et financiers. Pour commencer, quatre cours d'appels seront dotés de section spécialisées dans les affaires financières : Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech. Aucune date n'a encore été précisé pour la mise en place de cette spécialité. Le ministre relève que ce sera pour bientôt.
L'enjeu aujourd'hui est de pouvoir former des magistrats capables de mener à bien cette mission. Une cinquantaine sera formée au Maroc et à l'étranger pour qu'ils puissent cerner les contours des crimes financiers.
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Source: Le Matin
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