Interview
 
 

 

Albert Ollivier,
président de CDC PME

Averroès Finances :
trois fonds en un

 
Le 24 avril 2003, CDCPME (groupe Cdc), Proparco (groupe Afd), Cepac (groupe Caisse d’épargne) et la BEI inauguraient officiellement le Fonds Averroès Finances, fonds de capital investissement pour la région Méditerranée. Albert Ollivier, président de CDC PME, groupe Caisse des dépôts, qui préside et cogère le Fonds Averroès, fait le point sur ce dossier pour Finances Méditerranée.

Où en est la mise en œuvre opérationnelle du Fonds Averroès Finances ?
Le Fonds Averroès Finances est constitué depuis le 21 août 2003 avec un montant initial d'engagements de 26,5 ME (CDCPME : 9 ME, Proparco : 9 ME, Cepac : 5 ME, BEI : 3,5 ME).
CDC PME préside le fonds et le cogère avec Proparco, c’est-à-dire qu’il assure la prospection, l'instruction, la réalisation et le suivi des investissements. Pour sa part, Viveris Management, pôle de capital investissement régional, a en charge la gestion administrative et financière (back et middle office).

Quelles seront ses premières actions ?
Averroès sera doté d'ici le début de l'année d'un portefeuille de trois fonds offrant ainsi une perspective de liquidité à plus court terme pour ses investisseurs. Les participations apportées seront :
Capital Morocco, fonds de capital développement doté de 25 M$ ciblant le Maroc ;
MPEF, fonds de capital développement doté de 23,2 M$ ayant une cible régionale : Maroc pour 70 % de son montant, Tunisie pour 20 % et Algérie pour 10 % ;
et Tuninvest Innovations : fonds de capital-risque technologique doté de 5,5 
MTND ciblant des entreprises technologiques tunisiennes.
Averroès est ainsi déjà actif sur le Maghreb et devrait prendre de deux à quatre participations dans des fonds sur la zone Maghreb et Machrek d'ici fin 2004. Des discussions sont en cours dans plusieurs pays dont la Tunisie, notamment avec M. Samir Marrakchi (Vice-président de Finances Méditerranée, NDLR) le Maroc, la Jordanie et l'Egypte.
En associant CDC PME, l'un des principaux investisseurs en France à Proparco, présente au Maghreb depuis 1990, Averroès constitue une opportunité de mise en relation des équipes de fonds basées sur les rives sud de la Méditerranée et de celles basées en Europe et en particulier en France. Elle doit également permettre la construction de synergies entre les sociétés des portefeuilles de ces fonds et celles des portefeuilles des fonds partenaires de CDC PME et des Caisse d'Epargne, améliorant ainsi les chances de partenariat et de sortie potentielle.

Quels sont les partenaires rive sud ?
Les partenaires sont déjà les trois premiers fonds investis, cités plus haut, mais également leurs maisons mères (Tuninvest Finance Group, Upline Securities et la BMCE), souscripteurs et associés. D'autres fonds devraient prochainement compléter ce portefeuille initial.
Par ailleurs, nous sommes confiants sur le fait que des investisseurs locaux participent à Averroès. Des discussions avancées avec un partenaire marocain devraient aboutir rapidement.

Quelles difficultés risquez-vous de rencontrer ?
La difficulté du marché du capital investissement sur cette zone est de démontrer qu'il est possible d'y atteindre une rentabilité acceptable pour des investisseurs. L'objectif d'Averroès est lié à cette idée que partagent ses promoteurs. Il s'agit de provoquer un effet d'entraînement sur d'autres souscripteurs grâce à l'investissement d'Averroès qui choisira dans les projets de fonds qui lui seront présentés ceux issus d'équipes confirmées et ou adossées à des partenaires solides localement. L'expérience des promoteurs du fonds, notamment celle de Proparco, montre qu'investir dans la zone ciblée peut être rentable.

Le fonds Averroes a-t-il un droit de regard sur les investissements finaux ?
Oui. Les gestionnaires d'Averroès ont vocation à participer aux organes de décision du fonds, notamment les comités d'investissement et les comités stratégiques ou conseils d'administration, afin de suivre au plus près le travail des équipes de gestion des fonds sous-jacents et leur apporter les meilleures pratiques européennes.

Le fonds cible-t-il des secteurs particuliers ?
La politique d'investissement est libre de ce point de vue. Chaque dossier est instruit sur la base de l'expérience et des opportunités d'investissement identifiées par l'équipe considérée.
Cependant, il est clair qu'un fonds sectoriel n'a de sens que s'il cible un secteur dont le potentiel permettra un deal flow suffisamment important pour permettre une sélectivité satisfaisante sur les dossiers tout en limitant les risques liés au secteur.

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