Besoins nouveaux, formations actuelles, état des lieux

10h55 : La Tunisie


Chédia BANI, responsable du Centre de formation de la Banque centrale de Tunisie.
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Intervention)


Les missions du Centre de formation de la Banque centrale de Tunisie

La formation est un souci permanent de la politique de gestion du personnel de la Banque centrale de Tunisie. Dès 1961, c’est-à-dire cinq ans après la création de la banque centrale, un Centre de formation a été mis en place, à l’initiative de l’institut d’émission. Depuis lors, le centre offre au personnel de la Banque centrale, des autres banques et des établissements de crédit, la possibilité d’améliorer ses connaissances et compétences en suivant des formations permanentes. La formation du personnel bancaire a pris un tournant décisif en 1980 avec la création d’un service de la formation. Il est chargé de définir une politique précise, de planifier la formation de manière rationnelle en fonction de besoins des départements et des aspirations du personnel.
Le service de la formation assure des cours de perfectionnement dans le domaine de la bureautique et des nouvelles technologies. Les cours se déroulent dans l’enceinte de la banque centrale : une salle est mise à la disposition du personnel, qui peut suivre des cours d’une heure par jour pendant le temps de travail. Cette formation a eu une grande utilité dans la mesure où la banque centrale ne recrute plus de secrétaires.
Des cours de langue anglaise sont également proposés, au sein de laboratoires de langue gérés par des anglicistes tunisiens. Nous faisons parfois appel au British Council ou au centre de formation des États-Unis afin de compléter cette formation. Les cours de langue sont également donnés sur place et en libre accès. Concernant les cadres, les cours d’anglais sont davantage ciblés sur le domaine de la finance et le domaine bancaire. Pour autant, le gouvernement de la banque lui-même ainsi que de nombreux directeurs suivent également des cours qui visent à maîtriser l’anglais quotidien.
Par ailleurs, le service de la formation organise des préparations aux concours internes pour favoriser la promotion en grade des employés soucieux d’évoluer. À partir de 1976, les concours internes ont été organisés de manière régulière par le centre de formation.
Le service de la formation est chargé de faire bénéficier les jeunes cadres nouvellement recrutés de cycles de formation pratiques et théoriques qui s’étendent sur une année complète. Avec une licence universitaire, un jeune est recruté au grade d’attaché de direction et suit une formation d’une année dans les départements clés avant d’être intégré dans les services.
Le service de la formation suit les salariés qui souhaitent s’engager dans une formation professionnelle diplômante, soit au centre de formation bancaire, soit à l’Institut technique des banques du Conservatoire national des arts et métiers de Paris.
Le service de la formation est chargé d’organiser des séminaires intrabanques conçus sur la base des besoins de formation exprimés par les départements. Ces séminaires sont animés par des experts tunisiens ou étrangers et traitent de sujets techniques et financiers.
Le service de la formation fait bénéficier le personnel de la banque des stages et séminaires en Tunisie comme à l’étranger. Nous travaillons beaucoup avec le FMI, la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux, le Fonds monétaire arabe, l’Institut multilatéral d’Afrique, l’Institut arabe de planification du Koweït, la Banque de France, la Commission bancaire, la Banque d’Angleterre, la Banque de Belgique, la FED, l’Institut national du Pakistan…
Le service de la formation travaille avec la direction du personnel à la préparation des programmes et à l’organisation des concours externes. Je précise que le recrutement de la banque centrale passe par le biais d’un concours national diffusé chaque année sur de nombreux supports.
Le service de la formation programme des stages en direction des cadres de banques centrales du Maghreb et d’Afrique. Nous avons notamment tissé de nombreux liens avec la banque centrale de Mauritanie, dont les membres effectuent des stages dans les départements clés de la supervision ou de l’audit. En effet, la banque centrale tunisienne respecte les règles prudentielles internationales depuis une dizaine d’années. Nous avons notamment été à la pointe de la mise en place du système de la télécompensation au Maghreb. Aujourd’hui, nos experts sont envoyés dans les pays africains afin de leur transmettre ces procédures.

Le rôle du nouvel Institut de formation de la banque centrale de Tunisie

À la fin de l’année 2001, l’idée de créer un Institut de formation de la Banque centrale de Tunisie a germé. Les séminaires organisés à l’intention de cadres supérieurs du secteur financier ayant suscité un intérêt certain, le gouvernement de la Banque centrale a décidé de créer cet institut. Ouvert le 1er juillet 2002, l’Institut de formation de la banque centrale de Tunisie est un nouveau département rattaché au gouvernement de la banque. Le 1er octobre 2003, j’ai pris la direction de cet Institut.
L’Institut initie un programme de formation destiné aux cadres des établissements de crédit tunisiens. Il s’adresse également aux cadres supérieurs des banques centrales africaines et arabes. L’institut est appelé à répondre aux besoins spécifiques des cadres supérieurs en vue d’approfondir leurs connaissances dans des domaines tels que Bâle II, les règles prudentielles, le “credit scoring”, les centrales d’information.
En parallèle de ces actions, l’Institut constitue une plate-forme de réflexion, d’échange d’expériences et d’enrichissement des compétences. Il collabore avec les organismes financiers régionaux et internationaux. Nous avons organisé des séminaires pour le secteur financier tunisien avec la participation de pays du Maghreb, d’Afrique et du Moyen-Orient. Ainsi, un séminaire s’est tenu en janvier 2003 sur le thème de la télécompensation. Onze pays y ont assisté.
Nous avons organisé un séminaire avec le Fonds monétaire arabe intitulé “L’économie globale et les défis du secteur financier”. À la fin de l’année 2003, nous avons organisé un atelier législatif sur la question du financement du terrorisme, qui ne doit pas être confondue avec celle du blanchiment de l’argent. À ce propos, je signale qu’une loi vient d’être votée en Tunisie sur le financement du terrorisme et que la Banque centrale a l’intention de créer une cellule de suivi pour lutter contre celui-ci. Enfin, nous avons organisé au mois de mars 2004 un séminaire avec la Banque mondiale sur le thème de l’insolvabilité bancaire.
Pour satisfaire au mieux les attentes du secteur financier en matière de formation, l’Institut de la formation de la Banque centrale de Tunisie s’efforce d’établir des relations étroites avec une équipe pédagogique active, composée d’experts internationaux et régionaux ainsi que de cadres de banques centrales. L’équipe est en outre composée des cadres de la banque centrale de Tunisie et des établissements bancaires et financiers, de professeurs d’université, des spécialistes issus de diverses administrations.
L’Institut est doté d’un comité scientifique composé de six hauts cadres de la banque, responsables de départements stratégiques qui interviennent dans la constitution des programmes de formation. Le comité scientifique de l’institut apporte également des éclairages importants sur les choix et les orientations de la politique monétaire du pays.
La Tunisie a été le premier pays Afrique du Nord à signer un accord d’association avec l’Union européenne. Le gouvernement laisse de plus en plus de place au développement du secteur privé et la mise à niveau de la Tunisie est aujourd’hui bien engagée.


Taïeb MAAROUFI
Directeur de formation, Banque tuniso-koweitienne de développement, BTKD

Différents organismes contribuent à la formation du personnel bancaire en Tunisie.
Le CPFB, Centre professionnel de formation bancaire est au service de la communauté bancaire de Tunisie et a en charge d'élever le champ de compétence et d'opérationnalité de ses agents, de développer les capacités d'adaptation, l'ensemble dans un contexte de modernité.
L’IFID (Institut du financement du Maghreb arabe) délivrent un diplôme de 3e cycle dont la durée des cours est de 2 années après une maîtrise en gestion.
Enfin, des universités libres récemment installées en Tunisie délivrent un DESS dans des métiers de la Banque.
Les formations prennent deux formes : diplômantes et ponctuelles.

La formation diplômante comprend deux cycles de formation : un cycle moyen composé d'un tronc commun sur deux ans (4 semestres pédagogiques) avec une formation aux métiers sur une année (deux semestres pédagogiques) et un cycle supérieur organisé actuellement en collaboration avec l'Institut Technique de Banque de Paris en deux années d'études.
La seconde formation est interbancaire, elle est organisée en recourant à des compétences tunisiennes et en partenariat avec des organismes internationaux (CFPB de France, Université du Québec, l'Institut des banquiers canadiens) ; ces formations répondent à des besoins recensés régulièrement auprès des banques et établissements financiers dans des domaines très divers : commerce électronique, formation des chefs d'agence, étude des PME, perfectionnement aux langues, certification, tel le Passeport pour la société de l'information…
Pour répondre aux besoins des plans de formation des entreprises tunisiennes dont certaines (parmi elles environ cinq banques) disposent de centres intégrés de formation, 600 bureaux privés installés à Tunis Ville réalisent des séminaires interentreprises et intra-entreprises.
Il est important de signaler que dans le cadre de l’assistance de l’Union européenne à la modernisation du système financier en Tunisie, un projet d’amélioration de la compétitivité vient de se terminer en mars 2004.
L’Unité de gestion de ce projet MEDA est composée des deux experts, le Tunisien, M. Ridha BESBES et le Français, M. Bruno Paulet avec l’assistance de la Direction générale du financement relevant du Ministère tunisien des finances ont veillé à la réalisation du programme intitulé POA, Plan opérationnel d’activités mars 2003-février 2004.

Ce programme de formation et d’assistance vient d’être prorogé d’avril 2004 à février 2005 :
• Assistance technique du CPFB
• Étude sur les ressources humaines des banques
• Assistance à l’adaptation des banques de développement
• Cycle de formations commerciales pour le réseau
• Formation au management pour cadres supérieurs des sièges
• Formation interbanques commerciales
• Formation interbanques de développement
• Cycles de formation pour sociétés de leasing
• Actions ponctuelles.

L’action la plus importante est l’élaboration d’un référentiel de compétences couvrant la nomenclature des activités et des emplois repères interbancaires et le diagnostic des entités de ressources humaines et de formation d’une part et l’accompagnement dans la mise en application effective du référentiel de compétences et l’assistance des départements de ressources humaines des banques dans la mise en place d’un système d’évaluation du personnel basé sur l’approche “compétences” d’autre part.
Avant la loi de 2001, les banques tunisiennes étaient des établissements spécialisés (banque de l’habitat, banque du commerce). La loi de 2001 a rendu possible l’existence de banques universelles libres d’intervenir dans les secteurs de leur choix. Dans ce cadre, des banques de développement se sont reconverties en banques universelles. L’arrivée des banques privées en Tunisie suscite également des besoins importants de formation et d’adaptation aux nouvelles conditions de concurrence. Nous estimons que la mise à niveau par le biais des programmes de formation est aujourd’hui une démarche prioritaire.
Le programme spécifique de reconversion des banques tunisiennes est en cours. Il vise à leur permettre de s’aligner sur les compétences des banques étrangères.


Bruno PAULET
Expert MEDA (Tunisie)

Le projet MEDA, qui se déroule en Tunisie depuis trois ans, a pour objectif d’améliorer la compétitivité des banques. Le projet concerne un encours de dix millions d’euros en actions d’assistance, de conseil et de formation. Chaque année, environ 6000 à 7000 journées de formation sont dispensées dans le cadre du projet MEDA. De plus, environ 1 000 heures de formation sont consacrées à l’assistance et à l’expertise. Le projet MEDA intervient dans les domaines où les organismes tunisiens sont insuffisants. Nous apportons une vision complémentaire, essentiellement en matière de changement comportemental, managérial et commercial. Après un temps de mise en route, le programme fonctionne aujourd’hui très bien et permet d’intervenir à l’échelle de toute la profession, et non pas uniquement au niveau de chaque banque.

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