14h30 : Ateliers A d’échanges et de propositions

E-learning et téléformation : démonstrations et discussions


Jacques Roger, directeur de la production pédagogique multimédia au CFPB, Centre de formation de la profession bancaire (www.cfpb.fr).

Intervenants

Jacky Péres, responsable formation en charge des projets de e-learning au groupe Lyonnaise de banque.


animé par : Pierre Arias,
secrétaire général de Finances Méditerranée.

Le e-learning est un mode d’apprentissage utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication et qui se développe aux côtés des formations plus traditionnelles en salle ou présentielles.
Ce sont des cours dispensés depuis un ordinateur relié à un intranet ou à internet.
Aux États-Unis 60% des dépenses de formations sont représentées par le e-learning.
La plupart des formations diplômantes des grandes universités américaines sont organisées à distance mais c’est surtout dans les grandes entreprises que le e-learning a le plus de succès.
En France le succès du e-learning est plus modeste mais le secteur bancaire est particulièrement avancé grâce aux formations organisées par le CFPB avec la Banque de ressources pédagogiques (BRP).
Ce dispositif de formation à distance est présenté par Jacques Roger directeur de la production pédagogique au CFPB.
Le groupe de la Lyonnaise de banque est une banque utilisatrice de la BRP, Jacky Perès responsable des projets de e-learning nous fera part de son expérience.

1. Pour Jacques Roger la Banque de ressources pédagogiques est “un dispositif complet de formation à distance accompagnée”.

La Banque de ressources pédagogique peut être utilisée dans différents contextes de formation.

1. Évaluer des prérequis.
2. Réaliser un cursus d’intégration complet (apprentissage, embauche, reconversion…).
3. Actualiser un savoir professionnel (formation ou information).
4. Préparer une formation présentielle (mise à niveau).
5. Compléter une formation présentielle (révision, accès à une documentation…)
6. Dispenser des formations de soutien (préparation d’un diplôme de formation professionnelle).
7. Valider des acquis.
8. Animer des séminaires de formation ou des réunions (à l’aide de kits de formation téléchargés).

La BRP offre des réponses aux attentes de tous les acteurs du dispositif : apprenants, formateurs, responsables de formation et dirigeants.

1. Aux apprenants, elle permet de disposer d’un accès à une base de données actualisées ; à des experts, à d’autres apprenants, de s’évaluer avant la formation, de valider ses acquis après, de se former à son rythme et enfin de pouvoir le faire depuis son lieu de travail et même de son domicile. Elle les affranchit des contraintes de temps et de lieu de la formation traditionnelle en salle.
2. Aux formateurs, elle donne de nouvelles missions pédagogiques dans le cadre du tutorat, elle permet d’évaluer les progressions et leur offre des outils de formation pour démultiplier en interne avec les kits.
3. Aux formateurs, elle permet de construire des parcours de formation personnalisés, d’augmenter l’efficacité des formations présentielles, d’optimiser les coûts de formation, d’assurer des formations “juste à temps” et enfin de mesurer la performance des actions de formation.
4. Pour les dirigeants, la formation à distance accroît le retour sur investissement de la formation et contribue à développer une culture d’entreprise aux nouvelles technologies.

Les ressources de la BRP sont considérables en espace d’info-information :

• 10 000 pages de contenus actualisés
• 260 ressources documentaires indexées
• 1 000 questions en ligne
• Des cas pratiques
• Une sélection de l’actualité professionnelle
• Des dossiers d’expertise
• Des adresses internet utiles
• Des kits de formation en téléchargement

Une démonstration très vivante du dispositif a permis de montrer l’ensemble des fonctionnalités, de vérifier les possibilités d’apprentissage notamment comment acquérir des connaissances, se tester et résoudre des cas pratiques.
Dans les forums, les apprenants peuvent poursuivre leur formation dans des groupes de discussion constituant autour de thèmes de la pratique professionnelle, de véritables communautés pédagogiques.
Les responsables de formation présents ont pu mesurer les outils de gestion pédagogique mis à leur disposition, tout particulièrement l’aide à la personnalisation des parcours de formation, la définition des temps de connexion et le suivi de l’avancement des formations.

2. L’expérience de e-learning à la Lyonnaise de banque.

Jacky Perès nous rappelle qu’avec le CFPB et des responsables de formation d’autres banques notamment du groupe CIC comme la Lyonnaise de banque et des Banques populaires, il a participé à la conception de la BRP en 96/97.
L’EAO classique avait déjà été pour lui une première expérience de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
La BRP répondait à un réel besoin, amener des éléments de formation de base, d’une part à un public de jeunes embauchés nombreux, très éparpillés géographiquement et qu’il était très difficile de regrouper pour assurer des formations classiques et, d’autre part d’un public de collaborateurs en reconversion.
Pour Jacky Perès, la BRP comme toutes les autres formations à distance n’est qu’une partie d’un dispositif plus complet comprenant des formations de regroupement et des immersions sur le terrain.
L’apprenant n’est pas livré à lui-même devant l’écran de son ordinateur.
Il n’a pas été facile de mobiliser, de motiver les apprenants et encore moins de convaincre l’environnement notamment les chefs de service, les directeurs d’agence.
Il a été nécessaire de créer un nouveau métier… celui de tuteur, d’accompagnateur de l’apprenant à distance.
Le tuteur n’est pas forcément un expert, il accompagne, soutient l’apprenant et l’aide à s’organiser.
Après quelques hésitations, il a été décidé de choisir les tuteurs parmi les hiérarchiques.
Ce choix a permis d’éviter les conflits avec les hiérarchiques et surtout d’en faire les meilleurs soutiens d’une formation à distance dont ils ont pu mesurer très concrètement l’efficacité.
Il ne faut pas se cacher les difficultés à mobiliser, à motiver surtout quand on est pris dans une activité de production avec des objectifs commerciaux à réaliser.
En effet, pour donner un exemple, répondre à une convocation pour une formation est relativement facile pour l’apprenant alors que dans la formation à distance le rendez-vous est avec soi-même.
La formation à distance nécessite donc une très forte implication de la direction de la formation dont la tâche principale va être précisément d’impliquer tous les acteurs de l’entreprise.
Il faut néanmoins souligner que l’usage de l’ordinateur, l’accès à internet, l’utilisation des logiciels de formation sont aujourd’hui très familiers des jeunes et mêmes des moins jeunes collaborateurs de la banque. On peut même considérer que ce type de formation est devenu une exigence de notre temps.
C’est la raison pour laquelle la Lyonnaise de banque, outre la BRP qui est une formation technique professionnelle, met à la disposition de ses agents une plate-forme de e-learning généraliste.
Celle-ci n’a aucun contenu prédéterminé comme la BRP ; elle a pour vocation d’offrir toute sorte de formations (bureautique, langues etc.) à la condition d’y ajouter un contenu pédagogique sous forme de Power point, EAO etc.

Dans le débat qui a suivi, les développements techniques tels images, vidéo etc. ont été abordés.
Jacky Perès remarque que l’ergonomie du système peut être améliorée encore comme elle l’a été depuis son origine mais il souligne les risques de “gadgétisation” du dispositif, “ le message pédagogique ne doit pas se perdre derrière le gadget”.

Que retenir en conclusion ?

Que les progrès des nouvelles technologies de l’information et de la communication ont permis de développer des dispositifs de formation à distance dont la Banque de ressources pédagogiques est un exemple pour le secteur bancaire.
Que ces outils créent un nouveau concept pédagogique impliquant tous les acteurs de la formation.
Qu’ils ont permis de faire face à des besoins auxquels les formations classiques n’auraient pas pu répondre :

• Grand nombre de jeunes embauchés très dispersés sur le territoire.
• Reconversion nécessaire d’une partie importante de la population bancaire tout aussi dispersée vers de nouveaux métiers.
• Mise à niveau permanente requise par l’évolution rapide des techniques bancaires.

Comme l’ont souligné les participants de cet atelier, la formation à distance ne se substitue pas à la formation classique.
D’une part elle permet de toucher des publics que celle-ci ne peut atteindre et d’autre part elle vient renforcer son efficacité en s’intégrant dans le dispositif pédagogique.
Elle est un élément incontournable d’un dispositif de formation moderne.

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