17h00
: Conclusion,
projets de coopération
Les
propositions de Finances Méditerranée pour une coopération
euroméditerranéenne

Joseph PEREZ, Finances
Méditerranée

Jean-Claude HALB, Finances Méditerranée

D e droite à gauche : Mohamed Alaoui Kacimi, Directeur général
adjoint de la BMCE Banque (Maroc), Chédia Bani, Responsable du Centre
de formation de la Banque centrale de Tunisie, Christian Angeli, directeur
de l’international, Centre de formation de la profession bancaire (France),
Hocine Mouffok, directeur général de Natexis Banque à
Alger, Joseph Perez, président de Finances Méditerranée,
président de la Société marseillaise de crédit
(HSBC) (France), Jean-Claude Halb, vice-président de Finances Méditerranée
(France), Chantal Dejou, Regional coordinator for Mena, head of Marseilles
office World bank institute (France), Fadwa Mansour, directeur du département
formation à l’Association des banques du Liban, directeur du
Centre d'études bancaires ABL-USJ.
Propositions de Finances Méditerranée
Joseph PÉREZ
Je souhaite vous faire part de ma satisfaction, ainsi que celle de toute l’équipe
qui a participé à la préparation de ce colloque. Malgré
la densité des débats, la grande majorité des participants
sont encore présents : j’en déduis que les rencontres
ont été intéressantes, enrichies par l’expression
de sensibilités très différentes. Les ateliers ont donné
lieu à des échanges intenses et variés, au cours desquels
la thématique principale qui nous rassemble a été approfondie.
Afin de clore ce colloque, je vous proposerai quelques propositions. En effet,
il nous semble que ce type de rencontre n’a d’intérêt
que si elle débouche sur des propositions d’actions concrètes.
Afin d’améliorer la coopération euroméditerranéenne
en matière de formation, Finances Méditerranée propose
les initiatives suivantes :
• La création d’une bourse de stages ;
• L’adoption du principe de visites d’experts ;
• L’organisation de journées de travail sur site,
• La création d’un club thématique, réunissant des responsables d’organismes de formation par exemple ;
• La promotion d’un projet régional de formation portant sur le risque “entreprise” (l’approche des entreprises, les dossiers de crédit, les procédures d’engagement, la culture Bâle II, les procédures de recouvrement, les mesures statistiques) ;
• La définition des prochains thèmes de l’association France Méditerranée.
Jean-Claude HALB
Auditeur très attentif ce matin, j’ai retenu deux idées
principales des premières interventions. Tout d’abord, le déroulement
des formations dans un contexte multiculturel est un atout plus qu’un
obstacle. Nous devons nous en réjouir, car il s’agit là
d’un objectif primordial de l’association Finances Méditerranée.
Par ailleurs, j’ai retenu qu’enseigner des pratiques qui ne seront
pas mises en œuvre constitue une perte de temps et d’argent considérable.
Afin d’être opérationnels et pragmatiques, nous avons imaginé
d’élaborer une bourse de stages qui pourrait s’ordonner
autour des thèmes suivants :
• Le marketing et l’action commerciale en direction des particuliers ;
• La gestion prévisionnelle des carrières ;
• Le recouvrement contentieux ;
• L’approche entreprise et la mise en place de crédits.
Il
nous semble que ces stages devraient intervenir en complément d’une
formation théorique. En effet, tout l’intérêt de
la formation réside dans l’expérimentation et la mise
en pratique du savoir acquis. Il s’agit non pas de copier les pratiques
des autres pays mais de tirer parti des réussites et des échecs
afin d’adapter les techniques aux situations locales. Nous avons conscience
qu’en matière de formation, l’enjeu est le temps. En effet,
la mise en place d’un système comme Bâle II dans des délais
aussi courts représente pour certains pays un défi incroyable.
C’est pourquoi nous pensons que les bourses de stages, le coaching et
l’accompagnement, pourraient permettre à certains pays de gagner
du temps.
Nous avons imaginé des stages d’une durée de trois à
six semaines, destinés à des personnes de formation supérieure
disposant déjà d’une expérience confirmée
dans le secteur de la banque. Il ne s’agit pas de proposer des formations
de base pour débutants mais des formations en direction des cadres
susceptibles d’implémenter les changements dans leurs pays.
Les stages pourraient se dérouler dans des banques régionales.
Il nous semble qu’il existe une plus grande proximité entre les
problèmes des banques régionales et les banques de l’autre
rive de la Méditerranée.
Les banques régionales que nous avons d’ores et déjà
sollicitées se sont montrées assez favorables à la proposition.
Il nous reste néanmoins à approfondir les conditions concrètes
de ces stages en termes de capacités d’accueil, de domaines de
compétences, de planning. À l’issue de ce travail, nous
pourrions diffuser des stages et vous pourriez répondre en proposant
des stagiaires.
Concernant les visites d’experts, il s’agit d’organiser
des rencontres autour d’un problème bien identifié. Des
experts d’une banque rencontreraient des experts d’une autre banque
afin de traiter d’un point particulier. Il s’agirait de déplacements
de deux ou trois personnes sur une période courte d’un ou deux
jours. Il me semble que cette proposition répond très précisément
à une demande exprimée par un intervenant de l’atelier
Bâle II au sujet de ce que Finances Méditerranée pourrait
apporter en matière de formation.
Joseph
PÉREZ
Si nous avons décrit les stages ou les réceptions d’experts
qui pourraient se dérouler dans notre région, nous pensons que
vous pourriez également proposer des stages et recevoir des experts
sur des sujets qui intéressent les banques du Nord. Nous pourrions
ainsi prendre la mesure de vos législations, modes de règlements
et fonctionnements. Lorsqu’elles reçoivent des clients qui souhaitent,
par exemple, développer des activités au niveau euroméditerranéen,
il est très intéressant que les banques soient informées
des modes de fonctionnement des pays concernés.
Points de vue et suggestions des participants
Abbas
EL HALABI
S’il existe une uniformité dans les pays européens, ce
n’est pas le cas dans les pays du sud du bassin méditerranéen.
Nous devons nous garder des généralisations, car chaque pays
a des spécificités, des problèmes et des atouts différents.
Par ailleurs, je suis très enthousiaste, s’agissant de la création
d’un réseau des centres de formation, comme j’en ai fait
la proposition au cours de l’atelier Bâle II. Au Liban, nous avons
déjà fait l’expérience de ce type de réseau
pour le personnel de la fonction publique et nous en avons tiré de
très bons résultats. La communauté européenne
pourrait apporter un financement à ce réseau des centres de
formation euroméditerranéens.
Chédia
BANI
Je suis pour ma part très favorable à la mise en place de visites
d’experts. Il me semble que les banques centrales de la rive sud de
la Méditerranée doivent beaucoup progresser sur des thèmes
comme Bâle II, le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.
Les visites d’experts seraient susceptibles d’éclaircir
des messages fondamentaux auprès d’une audience assez large.
En Tunisie, nous attachons beaucoup d’importance au respect, par nos
banques, des standards internationaux. Pour qu’ils soient correctement
compris et appliqués, ceux-ci pourraient être expliqués
par des experts dans le cadre d’une communication directe. Ce mode de
communication est plus efficace que d’autres.
Joseph
PÉREZ
Deux experts peuvent en effet faire des progrès considérables
en échangeant leurs pratiques, ne serait-ce que sur deux journées.
Des domaines comme l’informatique et Internet ont occasionné
de dépenses très importantes pour nos structures bancaires.
Par le biais de l’échange des pratiques, nous pourrions vous
transmettre ce savoir à un coût bien moindre que celui généralement
proposé par les organismes de formation.
Mohamed
KOUCHI
Parmi les actions qui viennent d’être proposées, un certain
nombre s’adresse à des “apprenants”. Au cours des
interventions de ce matin, nous avons compris que la volumétrie des
besoins était telle qu’il serait souhaitable que les organismes
de formation locaux prennent le relais par la duplication. Il s’agirait
de mettre en contact des organismes de formation du Nord avec ceux du Sud.
Les visites d’experts sont très intéressantes, car elles
permettront aux pays d’échanger leurs pratiques et d’enrichir
leurs connaissances mutuelles. Cependant, il me semble que l’immensité
des besoins en termes de formation requiert des actions de grande envergure,
comme la duplication d’organismes de formation du Nord dans les pays
du Sud.
Christian
ANGELI
Je pense que nous évoquons plusieurs idées en parallèle
: des questions de formation et des questions de transfert de technologies.
Lorsque M. Kouchi évoque la volumétrie des besoins et la mise
à niveau de l’ensemble du système, il s’exprime
en termes de formation. Nous pourrons collaborer dans ce domaine, notamment
avec la mise en place de l’ITB. La première année, 100%
du corps professoral réalisera les formations. Les animateurs algériens
devront être en mesure de nous remplacer progressivement. Il existe
à la fois un besoin de formation du côté des apprenants
et un besoin de transfert de technologie du côté des cadres.
Il est important que les cadres bancaires algériens remplacent peu
à peu les maîtres de conférences français.
Les propositions de M. Pérez me semblent quant à elles se situer
à un autre niveau, qui est également très important.
En réunissant des groupes d’experts, nous nous attacherons à
transférer des méthodes, des bonnes pratiques.
Charbel
CORDAHI
Nous ne devons pas oublier le rôle que les écoles de commerce
et les universités peuvent jouer dans la formation bancaire, notamment
par le biais des programmes de troisième cycle. À mon sens,
le contact entre experts n’est pas suffisant pour disposer d’une
vision complète du secteur.
Joseph
PÉREZ
Je remercie M. Angeli pour les précisions qu’il vient d’apporter.
Nous avons évoqué la possibilité de proposer des stages
pratiques et des visites d’experts, mais nous n’avons pas prononcé
le mot de “formation”. Il est évident que les besoins de
formation sont considérables et occupent déjà de nombreux
acteurs. Nous avons également constaté, ce matin, que la cartographie
des institutions dispensant des formations était très étendue.
Il existe de nombreux fournisseurs différents proposant des formations
de base, des formations diplômantes et des formations supérieures.
C’est dans le respect des interventions de ces différentes institutions
que nous avons formulé ces quelques propositions. La seule proposition
que nous ayons formulée en matière de formation émane
de M. Angeli et consisterait à créer un club des dispensateurs
de formations afin de mettre en commun les méthodes et les outils.
Habib
Karaouli, PDG, Banque d’affaires de Tunisie
Je salue l’initiative concernant la création d’une bourse
de stages pour les cadres. Je suggère que la cellule organisatrice
de la bourse de stages prenne en compte les besoins et se penche sur des bilans
de compétences. Cette démarche permettra d’éviter
que les stages soient trop ponctuels, fragmentaires, à court terme.
Il convient que les formations soient mises en perspective dans le cadre de
besoins planifiés à long terme.
Joseph
PÉREZ
Vos remarques sont très pertinentes, car les stages en question seront
une denrée relativement rare. Nous devrons les gérer avec parcimonie,
travailler sur l’organisation des stages dans une perspective à
long terme. Les stages devront être précédés d’un
cahier des charges élaboré en commun entre les deux parties.
Nous devrons par ailleurs en tirer des conclusions et des bilans afin d’élaborer
progressivement les meilleures problématiques. Ces stages ne devront
certainement être l’occasion de gaspillages ou être considérés
comme des vacances.
Raja
CHAHED, responsable formation Tunisian Quatari Bank
Dans le cadre de la bourse de stages comme du projet régional, je suggère
d’inclure le thème du commerce international. Il me semble que
ce thème permettrait aux pays de mieux connaître leurs législations
respectives mais aussi de briser certains obstacles qui demeurent encore.
Gabriel
PICQ, président de l’association des diplômés
de l’ITB (France)
Je suis le Président la fédération des associations de
l’ITB (Institut technique de banque). Nous comptons 18 155 diplômés,
seize associations en France, dix-huit représentations et associations
dans les pays d’Afrique. Le réseau ITB met ses compétences
à disposition pour la réalisation des six propositions que le
Président de Finances Méditerranée vient d’énoncer.
Je pense que nous sommes à même d’apporter une forte contribution,
avec nos 2 000 diplômés et nos quatre associations situées
dans le Languedoc-Roussillon, le Var, à Nice-Côte-d’Azur
et Marseille-Provence-Corse. Nous avons des représentations en Algérie,
au Maroc et en Tunisie.
Je vous invite à consulter le portail www.atib.asso.fr. L’association
Finances Méditerranée pourra utiliser notre annuaire, riche
de 18 155 noms dont 9 000 avec adresses, pour diffuser des informations sur
ses activités.
Joseph
PÉREZ
Je vous remercie. Nous pourrions mettre en relation le site des anciens de
l’ITB et celui de Finances Méditerranée. J’avoue
que nous serions tout à fait favorables à ce que notre bulletin
d’information soit diffusé auprès de vos 18 155 adhérents
!
Chantal
DEJOU
J’ai choisi de participer à ce colloque essentiellement pour
entendre les propositions des représentants de différents pays.
Les débats ont été très riches, et je ne manquerai
pas d’en faire part à mes collègues de la Banque mondiale.
À mon sens, la proposition de créer un club thématique
et celle concernant le projet régional est susceptible de renforcer
les capacités des pays du Sud et d’accélérer le
transfert de compétences. Dans le cadre de ces initiatives, la Banque
mondiale pourrait apporter une expertise. Par ailleurs, nous disposerons prochainement,
à Marseille, d’un bureau équipé d’un système
de visioconférence connecté à tous les sites de la Banque
mondiale dans le monde. Je vous propose d’utiliser cet outil dans le
cadre de vos activités.
Joseph
PÉREZ
Je vous remercie pour cette offre, qui pourrait nous permettre d’alléger
nos frais de déplacements.
Samir
MARRAKCHI
Je suggère que les bourses de stages ne soient pas limitées
aux banques mais puissent également concerner les institutions financières,
dont les banques d’affaires, les sociétés de leasing,
les sociétés de capital investissement, les sociétés
de factoring. Par ailleurs, pour rester dans le cadre des propositions pratiques,
il me semble que ces bourses pourraient faire l’objet d’une discussion
avec l’Union européenne. Enfin, je pense que la formation la
plus rapide, la moins coûteuse et la plus efficace passe par les partenariats.
C’est pourquoi je propose également la création d’une
bourse des partenariats entre les institutions financières de l’Euroméditerranée.
De
la salle
Nous remercions l’association Finances Méditerranée pour
ces propositions intéressantes. Nous souhaitons qu’une réflexion
soit menée sur la mise en œuvre de ces propositions afin de déterminer
un mode opératoire commun et des interfaces au sein de chaque pays.
Abdelhakim
DJEFFAL, expert formation, CNEP Banque (Algérie)
Je suggère que le club thématique des responsables d’organismes
de formation bancaire soit élargi aux professionnels de la formation
bancaire. À mon sens, celle-ci n’est pas du seul ressort des
responsables de formation ou des dispensateurs de formation. Le secteur est
en fait beaucoup plus large et se rapporte également au multimédia
et aux nouvelles technologies.
Joseph
PÉREZ
Nous y avions pensé, mais nous avions réservé à
cette catégorie le rôle de sponsors de nos prochaines réunions
! Nous pourrions effectivement travailler avec ces professionnels, à
la condition qu’ils apportent leur contribution à notre association.
Ali
KHALBOUS, PDG, SIDCO (Tunisie)
La formation dans la zone euroméditerranéenne a certes des aspects
techniques, mais offre également une occasion exceptionnelle de rapprochement
entre le Nord et le Sud. L’harmonisation des connaissances dans le domaine
financier, mais aussi dans d’autres domaines, rend possible la mise
en place de plates-formes de collaboration. Concernant les sujets des prochaines
réunions de Finances Méditerranée, nous suggérons
d’aborder la question des investissements et du partenariat. Aujourd’hui
et dans les années à venir, la libéralisation des marchés
bancaires nous incite à imaginer des possibilités d’investissement
et de partenariat du Nord vers le Sud comme du Sud vers le Nord. Enfin, je
vous félicite pour l’organisation de ce colloque : le développement
de l’association Finances Méditerranée correspond à
un nouveau mouvement, qui sera favorable à tous.
Joseph PÉREZ
S’il est vrai que les différences entre les pays sont encore
importantes en matière de législation et de réglementation,
l’harmonisation des métiers est dans l’ordre des choses.
La réglementation prudentielle souhaitée par les autorités
de régulation nous incitera à fonctionner de la même manière.
Jean
VARNET, association nationale des juristes, délégation
de Marseille
La délégation marseillaise de l’Association nationale
des juristes de banques met ses compétences à votre disposition
en matière juridique comme en matière de contentieux & recouvrement.
Joseph
PÉREZ
Cette proposition pourrait donner naissance à un club des juristes
de banques et responsables de contentieux. Je suis satisfait de constater
à quel point nos échanges ont été sérieux
et orientés vers des propositions concrètes. Nous devons maintenant
nous mettre au travail afin de mettre en œuvre toutes ces idées.