9h00 : Introduction

L’enjeu de la formation


Joseph PEREZ

Président de Finances Méditerranée, Président de la Société Marseillaise de Crédit (HSBC)


De droite à gauche : Gérard Beduneau, directeur de l’Institut bancaire et financier international (IBFI) de la Banque de France, Lucien Miara directeur général du Crédit mutuel méditerranéen (France), Joseph Pérez président de Finances Méditerranée, président de la Société marseillaise de crédit (HSBC) (France), Pierre Lemaître directeur central, directeur de la formation permanente, CFPB, Centre de formation de la profession bancaire (France).

Je souhaite exprimer mes plus vifs remerciements au Crédit mutuel méditerranéen, qui nous reçoit aujourd’hui dans ses magnifiques locaux. Le Crédit mutuel méditerranéen, avec le groupe CIC, occupe une position importante dans le secteur bancaire en Provence.
Je remercie le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui soutiennent les activités de Finances Méditerranée. Je remercie également de sa présence Maître Yves Moraine qui représente la Ville de Marseille.
Finances Méditerranée est une association qui a aujourd’hui douze ans d’existence. Nous avons été conduits à préciser à nouveau l’objet de notre association afin d’éviter certaines équivoques. Finances Méditerranée a pour vocation de créer un espace d’échanges entre les professionnels de la finance. En effet, dans la nébuleuse des projets euroméditerranéens, le risque est grand de se disperser dans de multiples sujets. Par conséquent, nous souhaitons que cette association reste focalisée sur le secteur bancaire et financier, dans lequel sa légitimité d’action est importante.
Vos idées et propositions sur les thèmes que nous pourrions aborder à l’avenir seront les bienvenues. Concernant nos prochaines réunions de travail, nous sommes fortement sollicités pour aborder les thèmes suivants : les modes d’aide à la création d’entreprise dans le Nord et en Méditerranée ; les fonds propres des entreprises ; l’animation des bourses de valeur.
L’espace financier et bancaire euroméditerranéen est caractérisé par une grande quantité d’outils et de procédures. Il est dès lors relativement malaisé d’identifier les acteurs en présence et leur rôle dans le secteur. Ce ne sont pas tant les outils qui posent question que la capacité à les mettre en œuvre. Nous devons travailler ensemble à mieux diriger cette manne d’outils et de procédures vers la réalisation de nos objectifs.

En guise d’introduction, je vous proposerai trois remarques liminaires.

Le secteur bancaire est en voie d’homogénéisation
Le métier de la banque se transforme à vive allure. Il a connu davantage de transformations en trois ans qu’au cours des vingt dernières années. Cette transformation tend à homogénéiser l’organisation et le fonctionnement des établissements bancaires. Si les banques restent différentes en tant qu’entreprises, elles le sont de moins en moins en tant qu’établissements bancaires. Quels que soient leur statut et leur origine, les différences entre les banques s’estompent sous la pression des autorités de tutelle.

Les banques doivent faire face à de nouvelles exigences
Le niveau d’exigence de notre environnement et de l’ensemble de nos partenaires augmente considérablement. Nos clients sont bien mieux informés que par le passé et ils ont accru leur niveau d’exigence en matière de qualité des services. Les clients ne tolèrent plus de subir les dysfonctionnements d’un système inefficace. Ils attendent davantage de transparence dans la communication avec leur banquier ainsi que de plus grandes marges de manœuvre en matière de tarification. Les pouvoirs publics sont également devenus plus exigeants, dans la mesure où les banques sont désormais considérées comme un levier fondamental de l’économie. La manière dont les banques exercent leur métier n’est pas neutre pour les autorités publiques, car elle influe sur la création d’entreprise comme sur la consommation. Les banques ne sont pas tout à fait libres par rapport à l’exigence des pouvoirs publics. Ce carcan pèse de plus en plus lourdement sur l’activité des banques. En outre, l’IFRS, l’IAS, les nouvelles normes comptables, Bâle II, la législation contre le blanchiment de l’argent, la lutte contre le terrorisme et les diverses réglementations contribuent à accroître la pression sur les banques.

Les nouvelles technologies jouent un rôle essentiel dans l’évolution du secteur bancaire
L’irruption des nouvelles technologies modifie considérablement l’exercice de notre métier, la production des services, la relation avec les clients.

Dans un tel contexte, la formation est au cœur de l’évolution du secteur bancaire et financier. Elle est à nos yeux un pari essentiel. La formation et l’élévation des compétences de nos équipes permettront de répondre aux nouvelles exigences. Nous devons proposer au client des prestations, mais aussi mettre à leur disposition de véritables banquiers, dotés de compétences renforcées.
L’ensemble des réglementations nouvelles a une grande influence sur la pratique de nos métiers. Dans le contexte de Bâle II notamment, les autorités de tutelle nous demandent d’intégrer dans les équipes une nouvelle culture du risque. Cette démarche passe par un effort considérable de formation. Enfin, le rôle d’intermédiaire des banques est en constant développement car nos clientèles se sont diversifiées. Alors qu’il y a quelques années, certains pensaient que le rôle d’intermédiation des banques allait disparaître, il s’est considérablement accru.
Malgré toutes les révolutions financières, la banque retrouve un rôle important auprès des particuliers, des entreprises et des multinationales. Ces phénomènes sont à l’origine de nouveaux enjeux de formation.
La problématique des pays du Sud doit également être à notre esprit. La mise à niveau s’inscrit dans le cadre d’échéances qui se rapprochent à grands pas. Le temps passe vite, et nous devons nous préparer à affronter ces échéances par un effort considérable de formation. Les pays européens du nord de la Méditerranée doivent également faire un effort d’ouverture et de formation, car nous évoluons dans un marché de plus en plus étendu. Ce marché offre des perspectives nouvelles de collaboration et de négoce. Les pays du Nord doivent faire un effort de compréhension et apprendre à connaître les mécanismes, des partenaires du Sud, afin que la Méditerranée devienne un grand espace de développement.

Fermer la fenêtre